Enjeux sociopolitiques

Lutte contre les paradis fiscaux : un appel aux candidats fédéraux

2 avril 2025

Alors que la campagne électorale fédérale bat son plein, le collectif Échec aux paradis fiscaux met en garde contre l’absence de mesures concrètes pour lutter contre l’évasion fiscale. Dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir le 1er avril 2025, l’organisme propose deux pistes d‘action pour renforcer la justice fiscale et protéger les services publics.

Par Audrey Parenteau, rédactrice en chef

Un manque de transparence persistant

Le Canada figure parmi les pays les plus permissifs en matière d’opacité fiscale. Depuis 2016, les multinationales doivent produire une « déclaration pays par pays » détaillant leurs activités à l’étranger, mais ces données restent confidentielles. Échec aux paradis fiscaux revendique un accès public à ces informations afin de permettre aux journalistes et aux organismes de la société civile de jouer pleinement leur rôle de contre-pouvoir.

Une imposition plus juste des multinationales

Malgré l’adoption en 2024 d’un impôt minimum mondial de 15 %, le collectif estime que cette mesure est insuffisante. Elle laisse subsister de nombreuses exemptions et contribue à normaliser un taux d’imposition artificiellement bas. Selon les estimations, les stratégies d’évitement fiscal coûtent à l’État canadien 12,7 milliards $ annuellement, ce qui correspond à plus de 3 % des dépenses de santé du pays. Le groupe plaide pour un taux effectif d’imposition des multinationales porté à 25 % afin d’assurer la pérennité du modèle social canadien.

Face à ces enjeux, Échec aux paradis fiscaux exhorte les partis politiques à intégrer ces revendications à leur programme. Pour l’heure, les principaux candidats demeurent silencieux sur ces questions cruciales pour l’avenir fiscal du Canada.

En savoir plus

Lisez l’intégralité de la lettre Paradis fiscaux : deux pistes pour dépasser l’évidence électorale sur le site du collectif Échec aux paradis fiscaux.