Éducation, Syndicalisme
Les stagiaires en éducation s’organisent
17 mars 2025
Une première au Québec : les stagiaires en éducation s’engagent dans un processus de syndicalisation sous l’égide de la CSQ. Avec la création du Syndicat national des stagiaires en éducation (SNSE-CSQ), le mouvement entend faire pression pour améliorer les conditions des milliers d’étudiantes et d’étudiants qui effectuent des stages non rémunérés chaque année.
Par Félix Cauchy-Charest, conseiller CSQ
Une revendication cruciale : la rémunération des stages
Depuis plusieurs années, les stagiaires en enseignement dénoncent leur précarité financière. À l’heure où les stages rémunérés se multiplient dans d’autres secteurs, notamment en génie ou en santé, les futures enseignantes et futurs enseignants doivent encore jongler entre leurs études, un emploi et un stage à temps plein, souvent sans compensation.
« C’est une question d’équité. Un stage en éducation exige un engagement total et, pourtant, il n’est pas rémunéré. Il est temps que ça change », affirme Éric Gingras, président de la CSQ.
La fin des bourses Perspective Québec, dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre dans le réseau de l’éducation, plaide d’autant plus pour la mise en place rapide d’une forme de rémunération des stagiaires afin d’attirer et de retenir les futures employées et futurs employés du réseau.
Une lutte féministe et syndicale
La rémunération des stages est aussi une question de justice sociale, selon la CSQ. La majorité des stagiaires en éducation sont des femmes, et l’absence de rémunération perpétue des inégalités économiques. Si le gouvernement reconnaît la nécessité de rémunérer les stagiaires dans certains domaines masculins, pourquoi les futures enseignantes et futurs enseignants en seraient-ils exclus?
Un soutien croissant du milieu de l’éducation
Le mouvement prend de l’ampleur. Plusieurs syndicats affiliés à la CSQ ont déjà apporté leur appui. Ils rappellent que l’amélioration des conditions de stage aura un effet direct sur la rétention du personnel dans les écoles, à un moment où le manque d’enseignantes et d’enseignants qualifiés devient critique.
Un appel à la mobilisation
Le SNSE-CSQ invite l’ensemble des stagiaires à se joindre au mouvement. « Se syndiquer, c’est s’assurer d’une voix forte pour défendre nos droits et nos conditions d’apprentissage », résume Éric Gingras.
Alors que le débat sur la reconnaissance du travail des stagiaires en éducation s’intensifie, la CSQ entend bien faire entendre la voix de ces futures enseignantes et futurs enseignants.
Si vous connaissez des stagiaires en éducation, n’hésitez pas à leur faire part de la campagne de syndicalisation en cours, en les invitant à adhérer au SNSE-CSQ. Visitez le site : snse.lacsq.org/.