Négociation

La grève et nos porte-paroles dans les médias

23 novembre 2023

Une 2séquence de grève, 3 jours de rassemblements locaux, régionaux et nationaux, 420 000 membres du Front commun sur les lignes de piquetage les 21 et 22 novembre, 600 000 personnes en grève le lendemain, de multiples points de presse et une semaine qui passe à l’histoire, voilà comment se sont dessinés les derniers jours, au Québec.

Ma CSQ cette semaine vous propose un tour d’horizon de ce qui s’est dit, et fait, cette semaine, dans le cadre de la négociation du secteur public. 

Le Front commun demande la conciliation

À l’aube du premier jour de la deuxième séquence de grève dans les réseaux de l’éducation, du collégial et de la santé et des services sociaux, le 20 novembre dernier, le Front commun a annoncé avoir interpelé le ministre du Travail afin de faire intervenir un conciliateur. L’objectif : que cette initiative puisse générer un réel mouvement dans la négociation et faire cheminer les parties vers une entente.

« À contexte d’exception, mesure exceptionnelle. Demander l’intervention d’un conciliateur à la table centrale, ça ne s’est jamais fait », a déclaré le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Éric Gingras.

Le gouvernement a révélé quelques heures plus tard avoir nommé Mathieu LeBrun comme conciliateur afin de dénouer l’impasse. 

Grande solidarité dans tous les secteurs et toutes les régions

Le 21 novembre, des centaines de milliers de manifestantes et manifestants ont entamé la première des trois journées de grève consécutives décrétées par le Front commun dans le cadre de cette seconde séquence de grève. À Sherbrooke, Trois-Rivières, Saguenay, Victoriaville, Mistissini, Gatineau, pour ne nommer que ces villes-là, la solidarité était palpable sur les lignes de piquetage.

Les mobilisations ont été nombreuses. Les membres des syndicats affiliés à la CSQ n’ont pas hésité à se faire voir et entendre devant les écoles, les cégeps, les hôpitaux et autres établissements scolaires et de santé.

À Montréal, les travailleuses et les travailleurs ainsi que les porte-paroles du réseau collégial s’étaient donné rendez-vous devant le cégep du Vieux Montréal. Le président de la Fédération de l’enseignement collégial (FEC-CSQ), Youri Blanchet, la présidente de la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ), Valérie Fontaine, ainsi que le président de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), Éric Cyr, y ont tenu un point de presse.

 

Au centre-ville de Montréal, les représentantes et représentants des organisations syndicales en santé et services sociaux ont également pris la parole dans le cadre d’un autre point de presse.

À Québec, plus d’un millier de membres du personnel de soutien scolaire et de professionnelles et professionnels de l’éducation ont manifesté devant l’Assemblée nationale afin de signifier leur mécontentement face aux offres du gouvernement et à la lenteur des négociations.

Le personnel de soutien et les professionnelles et professionnels ont reçu l’appui de plusieurs députées et députés, dont Paul St-Pierre-Plamondon, Marwah Rizqy, Ruba Ghazal, Pascal Bérubé et Pascal Paradis. Les leadeurs syndicaux et les porte-paroles de l’opposition en matière d’éducation ont pris la parole lors de l’évènement.

La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) a également tenu un point de presse en matinée. La présidente de la Fédération, Josée Scalabrini, s’est adressée directement aux enseignantes et enseignants afin de souligner leur travail exceptionnel : « À travers les années, vous avez plus que bougé, vous avez fait des miracles dans vos classes malgré le fait que les gouvernements qui se sont succédé vous ont abandonnés dans les conditions de travail et d’apprentissage pour les élèves. […] Il faut arrêter de culpabiliser les enseignantes et enseignants pour ces jours de grève. »

 

En après-midi, le gouvernement a tenu un point de presse afin de demander aux organisations syndicales « d’être de bonne foi ». Le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, a demandé aux syndicats « de venir négocier sérieusement ».

La population est derrière les syndicats 

La Presse a dévoilé le 22 novembre, lors de la deuxième journée consécutive de grève, les résultats d’un sondage SOM qui font état d’un appui « sans équivoque » de la population envers les travailleuses et les travailleurs du secteur public : 7 Québécoises et Québécois sur 10 soutiennent les syndiquées et syndiqués. L’appui est encore plus marqué chez les parents d’enfant d’âge préscolaire, qui les soutiennent à 79 %.

Lors de la deuxième journée de grève, la détermination des travailleuses et des travailleurs s’est bien fait sentir sur les lignes de piquetage. Les quatre chefs syndicaux se sont retrouvés devant le collège Ahuntsic afin de tenir un point de presse. « Soyons clairs sur une chose, ça fait des décennies qu’on fait des compromis, ça fait des décennies qu’on peine à attirer du personnel dans nos réseaux publics, ça fait tellement longtemps qu’on fait des compromis que les gens ne choisissent plus les services publics », a déclaré Éric Gingras.

23 novembre, journée historique!

La date du 23 novembre 2023 marquera à jamais l’histoire du Québec et du Canada. Cette journée devient la plus grande journée de grève en Amérique du Nord depuis celle d’AT&T, en 1983.

Avec les travailleuses et les travailleurs de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui ont déclenché la grève générale illimitée, c’est plus de 570 000 personnes qui sont en grève cette même journée, soit plus de 10 % de la population active québécoise.

« Si nous sommes dans la rue aujourd’hui, c’est pour vous, vos enfants, vos parents, vos proches. C’est pour pouvoir continuer de les soigner, de les soutenir, de les servir et de leur enseigner. C’est pour que les générations qui viennent puissent, elles aussi, bénéficier de l’expertise exceptionnelle des travailleuses et des travailleurs de nos services publics », ont déclaré les chefs syndicaux dans une lettre ouverte.

Ils ont rappelé que des 600 000 personnes en grève, 450 000 sont des femmes. « Notre lutte est donc celle de femmes qui se tiennent debout et qui disent “Ça suffit!”. »

Cette troisième journée de grève consécutive du Front commun (la quatrième depuis le début du conflit) a culminé avec deux grands rassemblements, à Québec et à Montréal.